À la une

Après une longue série de reports pour cause sanitaire, nous vous proposons

 des Rencontres de travail et d’échange

 

Le samedi 25 septembre 2021 :

« La Clinique avec les Migrants » avec Monsieur le Docteur Nicolas Velut et Madame Maxima Bravo Castro, Assistante sociale

Le samedi 16 octobre 2021 :

« Les Origines du Totalitarisme » avec Mesdames Françoise Valon, Philosophe et Geneviève Azam, Economiste

Le samedi 22 janvier 22 :

« L’Accueil de l’Enfant » avec Mesdames Sophie Lebon et Eli Harizanova, Messieurs Nicolas Batsalle et Jacques Marcel, Psychologues orientés par la Psychanalyse à La Bulle Rose Toulouse, en CMPP et en service d’accueil familial.

Le samedi 9 avril 2022 :

« L’Ecole de Francfort » avec Monsieur Claus-Dieter Rath, Docteur en  Sociologie et Psychanalyste à Berlin.

A la Salle de la Ferme des Cinquante, chemin de Mangepommes, 31520 Ramonville-St Agne

(Voir AGENDA pour:

"L'accueil de l'enfant"

et

"L'école de Francfort")

« La Clinique avec les Migrants et l’Exil »

« Je n’avais plus ni ma terre sous les pieds, ni ma famille dans les bras, ni mon identité dans ma besace » Atiq Rahimi dans la balade du calame.
Les personnes immigrées qui ont vécu l’expérience de l’exil témoignent souvent d’un sentiment de ne plus exister, de ne plus savoir qui elles sont, et de ne jamais se sentir à leur place.....
D’être privés dans la plupart des cas de leur langue maternelle, la langue dans laquelle je suis reçu sans avoir rien à fournir, provoque une solitude terrible selon Paul Celan et Hannah Arendt.
Quel coût pour le sujet ce passage d’une langue à l’autre?
Peut on parler d’un travail de l’exil au même titre que le travail de deuil dont parlait Freud?
Comprendre l’expérience de l’exil pour nous analystes c’est aussi la meilleure façon de parler du Sujet dans le lien social sans faire l’impasse sur les conséquences politiques et éthiques.
Peut on penser la question migratoire sans évoquer les relations profondes entre exil et identité ?
Se trouver écartelés entre deux cultures, se déplacer d’une société à une autre, constitue un grand risque psychique (sans oublier évidemment tous les autres risques dont la mort).
Ce risque psychique, c’est celui d’une rupture du lien du sujet avec ses altérités.
Que se passe-t-il quand le sujet n’arrive plus à trouver d’étayage ni sur son pays d’origine ni sur celui qui l’accueille ?

Se pourrait- il que la question de l’exil ne soit pas tant le départ de sa communauté que de la qualité d’un accueil qui garantisse à la personne qu’elle existe toujours par et pour l’Autre ?
Comment faire hospitalité, comment faire asile et prendre soins?                Comment faire pour que la dimension de l’altérité ne soit pas occultée par celle de l’étrangeté ?


Nous débattrons de ces questions, nous échangerons à partir de cas cliniques avec Monsieur le Docteur Nicolas Velut, Psychiatre Service la Pass au CHU Toulouse- la Grave, Psychanalyste et Madame Maxima Bravo Castro, Assistante Sociale retraitée.

Bienvenue sur notre site

Orientée par la psychanalyse, l’APLS s’attache à défendre l’orientation analytique en prise avec le lien social contemporain. Vous trouverez ici quelques informations sur nos activités et sur notre orientation de travail , ainsi que l'agenda de nos réunions de travail et les comptes-rendus.

L’association A.P.L.S. a pour but :

  •  D’offrir un dispositif d’écoute et de soutien assuré par des psychologues cliniciens diplômés d’état à toute personne ou groupes de personnes en souffrance ou détresse psychique et précarité sociale.

  •  Les psychologues cliniciens travaillent également auprès des professionnels du secteur sanitaire, social et éducatif.

  •  Ils favoriseront toutes les rencontres et actions visant à la mise en place et à   la consolidation de réseaux de travail et de partenariat.

  •  L’association a également pour but la mise en place d’une activité de      recherche visant à une meilleure compréhension:

des problèmes en jeu aujourd’hui dans la clinique et spécifiques aux         populations précaires

          et de l’évolution de la praxis afin d’y faire face.

« Les Origines du Totalitarisme »

Dans les années de crise politique et économique au début de la République de Weimar en 1922/23, un mélange explosif d’anticapitalisme, d’anticommunisme et d’antisémitisme a envahi les esprits jusque dans les cercles d’instruction supérieure. Même les personnes  passées par l’université pouvaient exprimer une haine directe  sans honte, sans inhibition culturelle. A ce moment de crise sociale, de tension, de manque de visibilité se produit une chute, un dérapage dans des interprétations faussement simples, attribuant des valeurs et des différences fondamentales, totémiques  aux « uns » et aux « autres », aux « allemands » et aux « juifs ».

Sigmund Freud déplie dans « Psychologie des Masses et Analyse du Moi »(1921) comment les sujets pris dans la masse peuvent loger leur idéal du moi dans la figure du « guide ».

Selon Hannah Arendt, il n’y a pas de déterminisme historique dans le développement du National-socialisme.  Elle parle d’une rupture de civilisation. L’établissement du mouvement national-socialiste se faisait selon les règles démocratiques.  Hitler et Staline pouvaient s’appuyer sur un large soutien des masses modernes. Pour former un jugement personnel, il faut des expériences  émanant d’échanges et d’interactions avec les autres,  il faut des échanges verbaux dans un lien social.  Au début du XXème siècle, l’état national était structuré par les fondements sociaux et politiques d’une société de classes : égalité des citoyens sur une base d’inégalité des métiers et de la naissance. La représentation se faisait par les classes sociales. La lutte économique porte l’accent sur la sphère privée avec une sorte d’apathie envers les affaires publiques et politiques. La chute de la société des classes entraîne la déstructuration du lien social et forme une sorte de majorité passive, prise pour apolitique.  Cette masse non représentée, non orientée par un but, remplie de ressentiment et de préjugés subira le chômage de masse. Fuyant leur impuissance, ces  citoyens esseulés et sans secours cherchaient une compensation dans divers théories du complot. Arendt parle d’une perte de soi radicale comme phénomène social et d’un sentiment collectif d’abandon. Loin des échanges humains qui permettent de faire des expériences et de former des jugements. Nous savons la suite : la perte des libertés humaines, des lois faussement scientifiques « naturelles », le retour « au sang et à la terre »,  le pouvoir totalisé dans une personne, source d’autorité. La loi de la « nécessité supérieure » et la fermeture de tout espace politique.

Nous suivons les travaux de Hannah Arendt et de Simon Weil pour trouver une boussole dans cette période de l’histoire allemande, mais pas que : le penchant commode à s’exonérer de ses responsabilités d’adulte  (Selbstentmündigung).

Madame Françoise Valon est Philosophe, elle a enseigné la philosophie en Lycée et à l’Université, elle a animé un atelier de Philosophie  au « Banquet du Livre » à Lagrasse (l’Aude), elle pratique et enseigne le théâtre.

Madame Geneviève Azam  est Maître de Conférence en Economie, Chercheuse à l’Université de Toulouse-Jean Jaurès et membre d’ATTAC.

Voir : G. Azam et F. Valon « Simone Weil et l’expérience de la nécessité » Le Passager Clandestin, 2020.

Simone Pétrement »La vie de Simone Weil », Fayard, 1973.

Hannah Arendt »Elemente und Ursprünge totaler Herrschaft »  München, Piper, 1986 ; traduit de l’anglais ( New York, 1951). Traduction française « Les Origines du Totalitarisme » Gallimard